Un Marathon contre la SEP, l’aventure de toute une vie…

Catégories Un soupçon de coups de coeur, Une goutte de sport

* Dimanche 6 avril 2014 -5h30 * Le réveil sonne et je n’ai aucun mal à me lever… Devant moi s’annonce le jour tant attendu, celui que j’ai préparé et dont j’ai rêvé encore et encore depuis plusieurs mois… Le jour de mon premier Marathon est enfin arrivé, le Marathon de Paris, sûrement un des plus beaux jours de ma vie…

* Dimanche 7 avril 2013 – 8h * Le réveil sonne et je n’ai aucun de mal à me lever… Après une semaine très éprouvante, ce jour s’annonce bien différent. Comme promis, je vais rejoindre mon cousin Eric qui court le Marathon de Paris. Je l’accompagnerai sur les 12 derniers kilomètres. La_carte

Et c’est parti pour l’aventure de toute une vie qui va durer plus d’un an…

Coureuse depuis 3 ans, avec 4 Semi-Marathons à mon compteur, j’avais pourtant longtemps déclaré que je n’irai pas plus loin que ces 21,1 km. Mais l’ambiance et l’esprit incroyables que j’ai pu toucher du doigt en ce dimanche ont eu raison de moi. Le Marathon de Paris 2014 se fera avec moi ou ne se fera pas !

Coureuse solidaire depuis le début, je ne me voyais absolument pas me lancer ce défi sans y ajouter une touche de solidarité. Et c’est tout naturellement que j’ai donc décidé de courir pour une cause qui me touche personnellement depuis toujours : la Sclérose en Plaques, une maladie neurologique invalidante encore très peu connue dont sont atteints mes parents depuis mon enfance. Je commence à en parler autour de moi et particulièrement à mes parents. A ce stade là, aucun de nous ne s’imagine alors l’ampleur que va prendre ce défi solidaire et l’impact extrêmement positif de cette collecte.

* Lundi 16 septembre 2013 – 10 heures *

Ouverture des inscriptions pour le Marathon de Paris. Je suis bien sûr au rendez-vous et me mets d’emblée dans la file d’attente « virtuelle » pour obtenir mon précieux dossard. 4 heures après, c’est officiel : je suis inscrite au Marathon de Paris 2014. Une première bouffée d’adrénaline m’envahit… mais ce ne sera que la première !

Cadeau d’Eric pour me remercier de l’avoir accompagné sur son Marathon 2013, celui-ci m’a également promis de m’accompagner tout au long de ce Marathon. Je me réjouis d’avance à l’idée de ne pas avoir à le courir seule mais, là encore, je ne m’imagine pas encore que ce sera loin d’être le cas.

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* Jeudi 5 décembre 2013 – A 4 mois du défi *

C’est parti, je me lance. J’envoie ma page de collecte au profit de la Fondation ARSEP, qui agit en faveur de la recherche sur la Sclérose en Plaques, à tous mes contacts. Je la prépare et la peaufine depuis déjà quelques semaines afin qu’elle reflète le mieux possible l’état d’esprit positif que je veux donner à ce défi. Je leur explique donc ma démarche avec le plus sincérité possible et avec ma volonté de montrer mon indéfectible soutien à mes parents, ainsi que celui des nombreuses personnes dans leur entourage qui les soutiennent de près ou de loin… et mon admiration pour eux qui me prouvent de manière exemplaire chaque jour qu’on peut vivre avec cette maladie et garder foi et optimisme au quotidien.

Au moment de choisir mon objectif de collecte, je me dis que je ferais mieux de choisir le plus haut possible, autant viser la lune. Mais je ne sais pas encore que cette lune, je vais l’atteindre haut la main ! Je ne m’imagine pas non plus à quel point cette collecte sera aussi l’occasion pour moi et pour nous de recevoir des témoignages de soutien et d’admiration de la part de nombreuses personnes de notre entourage (plus ou moins proche) : je peux vous dire que j’en ai versé des larmes tout au long de cette préparation solidaire ! Mais c’est cela aussi, mon carburant et ce qui m’a empêché de faillir un seul instant.

Le lendemain, me voilà partie pour 3 semaines de mission en Inde pour mon travail. Je laisse donc le temps à mes premiers donateurs et supporters de se manifester… A mon retour, le compteur affiche déjà près de 1 400 euros…

* Janvier 2014 *

Une nouvelle angoissante arrive pendant cette préparation. Mais elle ne fera que renforcer ma détermination et ma motivation : mon père va subir à la fin du mois de mars, une lourde opération à Paris, à peine 10 jours avant le Marathon. Je prends la décision de ne pas en parler dans le cadre de ma collecte mais serai bien évidemment présente au maximum pour mes parents pendant cette période difficile. Je garde d’ailleurs mon esprit positif et me dis que pour une fois, je pourrai être là au quotidien pour eux car, n’étant habituellement pas sur place, ce n’est pas forcément toujours le cas. Je me dis aussi qu’ils seront à Paris le jour de ce grand défi… et que cela ne pourra que me donner des forces supplémentaires !

C’est aussi à ce moment que mon Papy entre en jeu. Il sera sûrement mon plus grand fan et mon plus grand contributeur dans ce défi sportif et solidaire. Mon « Papy Geek », comme j’aime bien le surnommer, se prendra totalement au jeu, sollicitant également son entourage et ses amis pour qu’ils me soutiennent, et retranscrira très bien l’esprit positif et solidaire auquel je tenais tant autour de ce défi. Je lui en suis infiniment reconnaissante…

C’est également en janvier que ma préparation et mes entraînements pour le Marathon s’intensifient. Jusque fin mars, je ne manquerais pas un seul des 4 entraînements par semaine que je me suis fixé. Je m’imposerais une vie saine (non que ce soit totalement le contraire avant) sans alcool, avec une alimentation saine et équilibrée (bon, d’accord, il y a eu quelques exceptions, bien sûr…) et surtout de bonnes nuits de sommeil (dur, dur…).

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Fort heureusement, j’ai la chance de pouvoir d’abord m’entraîner avec les coureurs d’Aide et Action qui se préparent au Semi-Marathon de Paris dans une ambiance conviviale et sympathique qui fait que la motivation reste toujours intacte. Premières belles rencontres et énième preuve que courir ensemble et courir solidaire, c’est comme cela que je vois cette discipline, et pas autrement.

Une fois le Semi-Marathon de Paris passé, il sera d’ailleurs impossible pour moi de continuer à m’entraîner toute seule. Mais grâce au site jogg.in, une plateforme qui permet aux coureurs de se retrouver pour courir ensemble, et à quelques coureurs de l’équipe du Semi motivés… je ne m’entraînerai presque jamais toute seule ! Quel bonheur d’ailleurs de voir que cette préparation est aussi l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes formidables et de lier quelques amitiés déjà pleines de promesses…

1798829_304921239656427_1492786621_nJe dois aussi rendre hommage aux nombreuses personnes, que j’appelle affectueusement « mes coachs », qui suivaient ma préparation, de près ou de loin, et dont les précieux conseils & encouragements m’ont toujours été d’une grande aide : Arnaud (en première place), Tri Duc, Hélène, les cousins Hélène, Benjamin et Eric, Othmane et les triathlètes de l’EPPG, les coureurs de Jogg.in et de Let’s Run Paris ainsi que Eric ou Giao, rencontrés les dernières semaines.

Encore une preuve de cette aventure entièrement collective…

* Dimanche 2 mars 2014 – 5h30 *

C’est le jour du Semi-Marathon de Paris. Je ne le cours pas mais je l’organise pour Aide et Action, l’association pour laquelle je travaille, et pour la centaine de coureurs de l’équipe qui s’entraînent valeureusement depuis des mois pour l’occasion.

Pour la 5ème année consécutive, j’organise et je vis une journée pleine de solidarité et d’émotions en faveur de l’accès à l’éducation. Un premier défi largement réussi et un premier sentiment de vide une fois cet événement passé. Plus d’une fois au cours de cette journée, j’ai eu des fourmis dans les jambes en voyant passer les différents coureurs. Je les envie secrètement mais je sais que ce sera bientôt mon tour… pour le double de la distance !

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* Mars 2014 *

Depuis sa naissance en décembre, ma collecte en faveur de la recherche sur la Sclérose en Plaques a bien grandi… Je suis à chaque fois étonnée par les immenses marques de soutien et les jolis mots partagés par des personnes plus ou moins proches de mon entourage… Des dons m’arrivent de tous montants et de toute part, de personnes qui me connaissent ou qui connaissent mes parents, mes grand-parents, ma tante… Tout cela me galvanise et rend la préparation tellement plus facile !

D’autant plus que je me rends compte que je suis parmi les meilleurs collecteurs de l’ensemble des collecteurs du Marathon de Paris… pour finir en tête et y rester presque constamment jusqu’au jour du Marathon ! Je n’osais même pas en rêver… Classement collecteurs

Je continue et intensifie mes entraînements, non sans parfois quelque souffrance, comme lors de notre sortie longue de 33km.

Inévitable lors de la préparation d’un Marathon (mais pas forcément aussi longue), j’ai la chance de la partager avec un groupe de coureurs, ce qui rend les choses sûrement plus faciles…

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D’ailleurs, entre sessions jogg.in et/ou entraînements avec les coureurs d’Aide et Action toujours motivés, je me sens très chanceuse de pouvoir me préparer dans de telles conditions ! J’irai même jusqu’à me lever un matin à 4h30 pour aller rejoindre quelques coureurs fous pour 15km dans les rues désertes de Paris… et voir le soleil s’y lever avec une magie bien particulière… IMAG2048

2 semaines avant la course, la réception de mon t-shirt personnalisé, où j’ai, comme convenu sur ma page de collecte, inséré le nom de tous mes donateurs de 100 euros et plus (j’avais voulu finalement les y mettre tous… mais cela ne tenait pas sur tout le dos du t-shirt !) et l’opération de mon Papa où tout s’est finalement passé pour le mieux… je me dirige vers le Jour J, la grande date tant attendue du Marathon de Paris avec un mélange de sérénité, de motivation, saupoudré d’une légère angoisse ! IMAG2049

* Vendredi 4 avril 2014 *

Dernière poussée d’adrénaline… je récupère mon dossard sur le Village de retrait des dossards, y glane quelques derniers conseils mais aussi les premières idées pour les futurs courses et projets…

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Il ne reste plus qu’à attendre, se préparer mentalement, collecter les derniers dons… et surtout se reposer…

* Dimanche 6 avril 2014 – 7h40 *

Après un petit déjeuner et une préparation bien minutieuse pour être sûre de ne rien oublier, je rejoins Philippe, un des fidèles coureurs du Semi qui s’est aussi décidé à courir le Marathon, au métro. Nous nous dirigeons, non sans stress, vers le lieu du départ. Nous retrouvons Arnaud, puis Emilienne (également coureuse du Semi) et son frère Abel. La tension est bel et bien là mais la bonne humeur aussi donc je reste confiante.

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Nous rentrons tant bien que mal dans notre sas de départ. Mais l’attente est loin d’être finie… Heureusement que Philippe est là : entre dernières photos et derniers briefings, je ne vois pas le temps passer et je stresse sûrement beaucoup moins… mais je sens bien cet arche de départ se rapprocher !

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Passage de la ligne de départ. C’est tout simplement magique… pleine vue sur la Concorde par un soleil magnifique, je suis plus que jamais prête à en découdre, à affronter ces 42km. Nous nous forçons à ne pas partir trop vite. Depuis le début de ma préparation, c’est ce qui me fait le plus peur sur ce Marathon (et c’est d’ailleurs ce que les coureurs expérimentés m’ont confirmé) : partir trop vite, se laisser prendre dans l’effervescence qui règne et qui galvanise… et finir par « griller toutes ses cartouches » bien trop tôt. Là encore, heureusement que Philippe est là et que nous nous disciplinons mutuellement pour garder une « allure marathon ». Heureusement aussi que j’ai avec moi ma super montre Garmin offerte par Arnaud quelques mois plus tôt et qui me donne mon allure en temps réel.

Arrivés au 1er km, je cherche, comme convenu, le t-shirt vert de mon cousin Eric sur la gauche. Nous avions convenu de nous y retrouver mais le 1er km passe, puis le 2ème et je le ne vois pas. Je finis par renoncer en espérant de tout mon cœur le retrouver à un moment au ou un autre. Il fait beau et surtout chaud, ce qui nous inquiète un peu car la chaleur n’est pas vraiment notre amie si elle reste (et augmente sur 42km).

Km4. Ma première supportrice est là ! Mon amie Delphine (Finou pour les intimes) est là, armée de son fabuleux t-shirt orange et de son appareil photo. Elle me dit de ralentir pour la photo, ce qui me fait bien rire. Et puis, elle finit par courir avec moi. Sa présence me touche énormément et je serai touchée par la présence de chacun de mes supporters tout au long de la course. On se donne rendez-vous au 25ème km.

Km6. On entame la montée de Reuilly, celle qui fait tellement peur sur le Semi et qui se termine par la montée de Porte Dorée. Mais la forme et la bonne humeur toujours au rendez-vous. D’ailleurs, contrairement au jour de ma sortie longue de 33km, je sens mes jambes reposées et je comprends d’autant plus l’utilité de s’imposer un repos les 2 semaines précédents la course. JE SUIS EN GRANDE FORME.

Km7. Et voilà ma 2ème supportrice ! Postée juste en bas de chez elle, Estelle alias ma choupette, m’attend comme promis et je la repère avant qu’elle ne me voit ! Avec sa petite maracas, elle fait quelques mètres avec nous. Même au début de la course, cela me donne des ailes et du baume au cœur.

Je pense que ceux qui n’ont jamais fait de courses de cette envergure ne se rendent pas compte de l’importance de voir une tête connue, même pendant un court instant, parmi la foule des supporters. Ces supporters personnels qui, sans se concerter entre eux, se sont postés un peu partout sur le parcours de la course, ont été une des clés de la réussite de ce beau défi… Simplement, MERCI à eux…

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Le Bois de Vincennes approche et la forme est toujours là. Je papote un peu (trop ?) avec Philippe qui a l’air aussi en forme que moi. Quand je pense qu’il s’est décidé une semaine avant de se lancer dans cette aventure… Bon, personnellement, je n’ai jamais vraiment douté qu’il réussirait car il est bien entraîné mais je trouve cela bien courageux… et je le trouve aussi assez chanceux de s’être épargné les mois d’angoisse et de stress qui vont avec la préparation…

Petite balade dans le bois de Vincennes, mon terrain de jeu habituel. Et là, alors que j’avais un peu renoncé à l’idée de croiser Eric, au moins avant le 19ème km où je sais qu’il croisera ma tata et ma maman, qui vois-je apparaître sur le bord de la route : Eric ! Quand je pense que le bougre est venu de Picardie en voiture le matin pour repartir juste après, et ce uniquement pour venir m’accompagner dans ce défi (à charge de revanche après l’édition 2013), je suis bien contente de le retrouver, même avec un peu de retard. Un ENORME Merci à lui aussi…

Et me voilà avec des ailes supplémentaires… Nous voilà donc 3… parmi les 39 000 autres coureurs bien sûr ! Un gros gros coup de boost supplémentaire, d’autant plus qu’à partir de maintenant et jusqu’à la fin, je n’aurai presque plus à me soucier des ravitaillements: mon équipe de luxe se chargera d’aller chercher eau et nourriture pour moi/nous ! Le grand luxe, je vous dis, car s’arrêter à un ravitaillement peut facilement couper les jambes et il n’est donc pas toujours facile de repartir ! Ma belle performance, je la leur dois donc pour beaucoup…

Cette équipe de coureurs me fera vivre un véritable Marathon 3 étoiles.

Km 18. Le sourire sur mon visage s’agrandit. Je sais que ma maman et ma tata ne sont pas loin et qu’elles m’attendent avec une magnifique banderole (que j’ai déjà vu la veille, heureusement, sinon elle m’aurait bien tiré quelques larmes en chemin…). C’est encore une fois moi qui les repère avant. Et pour cause: elles ne sont pas en train de regarder la course, me pensant encore au 10ème km (merci l’appli Marathon…) En tout cas, je continue mais j’entends très vite crier derrière moi: ma tata Mathilde, courant avec son neveu, toujours armée de la fameuse banderole. Comment serait-il possible de me donner plus des ailes ?

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Km 20. Le Semi-Marathon approche et nous sommes encore « frais », comme on dit. Nous croisons un coureur… qui jongle en même temps pendant toute la course. Il faut croire que pour certains courir un Marathon ne suffit pas. Je suis admirative…

Km 23. La place de la Bastille est noire de monde, on se croirait sur le Tour de France. Je cherche Arnaud qui, comme convenu, m’accompagne sur la deuxième partie de la course. Mais pour le coup, c’est lui qui nous verra en premier.  Armé de son joli tutu et son t-shirt Aide et Action, il me fournit aussi un ravitaillement intermédiaire. 3 étoiles, je vous dis…  Nous voilà au nombre de 4 et une belle ambiance comme je les aime règne entre nous.

Km 24. J’aperçois un peu tard ma Finou, un peu en avance. Quelle chance d’avoir des amis comme elle et tous mes supporters (présents ou non sur la course)… D’ailleurs, quelques mètres plus loin, qui vois-je ? Elise, alias Bichon, qui attend sagement. Ayant reçu un message de sa part plus tôt ce matin me disant qu’elle était malade, je ne pensais pas du tout à la croiser… et quel bonheur !

Encore du carburant juste avant les quais, une partie qui m’est totalement inconnue et dont je redoute les descentes et montées successives. L’incroyable ambiance digne d’une discothèque dans le tunnel nous permet un peu d’oublier cet aspect. Je sens tout de même que mes jambes ne sont plus de première fraîcheur… mais elles tiennent bien bons, pas de problème à l’horizon. Tout a l’air d’aller pour Philippe également, que j’observe régulièrement pour être sûre que tout va bien. C’est ça aussi, courir en groupe !

Km 30. Et une question commence à se faire sentir: le fameux « mur des 30 km » nous attrapera-t-il ? Ou ai-je assez bien géré ma course et ma préparation pour pouvoir l’éviter ? Pour l’instant, je ne le vois pas à l’horizon mais je reste vigilante car je sais qu’il peut me surprendre d’un moment à l’autre. Je reconnais ce parcours, c’est celui que j’ai fait avec Eric l’année dernière. Souvenirs…

Km 34. Je sais que le dernier élément de ma super équipe, ma copine Hélène, nous y attend pour finir la course avec nous. Je sais aussi que mes supporters Katie et William seront là. Et c’est Hélène que je vois apparaître en premier. Même si je suis encore en forme, sa présence est encore une occasion de recharger les batteries et je suis ravie d’atteindre le nombre de 5 dans notre équipe de choc, quel bonheur !

J’aperçois juste après Katie et William à qui je fais signe. Je suis très heureuse de les voir et je crois que ça se voit. Ça se voit d’ailleurs sur les photos qu’ils ont prises… et sur lesquelles j’ai effectivement l’air bien en forme ! Katie m’accompagne sur quelques mètres pour me dire qu’ils me retrouvent un peu plus loin. Super, quel bonheur, encore une fois (oui, je sais que je me répète mais que voulez-vous…)

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Km 35. Encore un ravitaillement dont je n’ai pas à me soucier. Mes super accompagnateurs Eric et Arnaud ont tout sous contrôle malgré la foule !

Nous arrivons ensuite à la Porte d’Auteuil, là où nous avions commencé notre reconnaissance de la fin du parcours une semaine avant. J’aperçois une banderole « aller Sophie, courage » et je plaisante en disant « Tiens, encore une banderole pour moi »… mais je me rends ensuite compte que celle-ci est en effet pour moi ! Quelques coureurs du Semi avec Aide et Action, Fabrice, Emilienne, Gilles et David sont là !! Quelle magnifique surprise ! Quelle formidable attention ! Et ce, juste avant la montée du 35ème km où j’avais vu, venue encourager sur le Marathon il y a quelques années, de nombreux coureurs faiblir… un souvenir qui restait bien gravé. Eh bien non, grâce à eux, mes ailes restent bien accrochées et cette montée se fait en douceur.

Km 36. Me voyant bien accompagnée, Eric décide que son footing du dimanche matin a assez duré et me laisse avec le reste de l’équipe de choc. Quel bonheur d’avoir eu à mes côtés ce cousin que j’admirais (et que j’admire toujours !), lui et ses 2 frère et soeur, pour ses performances et son palmarès. Qui eut crû qu’un jour ce serait mon tour ? Encore merci merci merci à lui…

Km 38. Comme convenu, Katie et William sont encore là dans cette partie de la course où il n’y a pas forcément beaucoup de supporters et où on voit de plus en plus de coureurs flancher, ralentir ou même marcher. La forme est là et le mur toujours pas mais je ne prononce pas son nom, de peur qu’il se reconnaisse et pointe le bout de son nez…

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Km 40. Les quelques petites montées et le fait de doubler de plus en plus de monde et donc de zigzaguer de plus en plus font que je commence à être légèrement « dans le dur ». Arnaud et Philippe s’en rendent compte et je sens leur bienveillance et leur soutien. Je suis tellement bien entourée et tellement proche de l’arrivée que je ne peux pas flancher maintenant ! Mais bon, il faut dire qu’ils avaient légèrement accéléré, pensant peut-être que je m’en rendrais pas compte mais mes jambes ne sont pas faites avoir ! Nous continuons malgré tout à doubler encore et toujours plus de coureurs. D’ailleurs, sur la totalité de la course, nous aurons doublé plus de 10 000 coureurs (particulièrement à la fin), preuve que nous avons très bien géré notre course (et je n’en suis pas peu fière) !

Km 41. Toujours bien dans le dur, j’aperçois successivement Hélène, Katie et William puis Mary, une fidèle coureuse du Semi. Moi qui pensais avoir puisé toute mon énergie, ils me permettent de retrouver de la force (où ? je ne sais même pas…) et de suivre Mary alors qu’elle accélère pour pouvoir nous prendre en photo (mais il ne faut plus me demander de réfléchir avec plus de 40km dans les jambes !)

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Km. 42. Arnaud et Hélène n’ayant pas de dossard, ils nous abandonnent pour les dernières centaines de mètres. Nous ne sommes plus que deux, le duo de choc du départ. Je sens l’émotion me monter à la gorge. Plus aucun doute, d’ici quelques minutes, je serai marathonienne ! Encore un petit virage et je la vois, cette grande arche que nous avions aperçu il y a un peu plus de 4 heures…

Quel bonheur… Que d’émotions… J’ai l’impression que ma tête et mon coeur vont exploser (les jambes, n’en parlons pas…) JE SUIS MARATHONIENNE !

Nous passons la ligne d’arrivée. Je pensais y verser toutes les larmes de mon corps mais pour l’instant je crois que je ne réalise pas (à vrai dire, je suis sonnée et, encore maintenant, le souvenir des quelques minutes qui ont suivi le passage de cette ligne sont encore floues). J’ai les jambes en coton mais je ne peux pas rester debout sans marcher, l’acide lactique dans mes jambes me fait trop mal. Philippe est adorable et s’occupe de moi alors que lui aussi vient de courir un Marathon. Je suis admirative… Quel bonheur d’avoir vécu cette expérience avec lui et avec tous les autres.

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Quelle fierté… mais oui quelle fierté !!!

D’être allée jusqu’au bout avec le sourire (presque) tout le temps et sans marcher ! Je me sens digne de mes 5 745 euros collecté en faveur de l’ARSEP et de la recherche pour la Sclérose en Plaques grâce à mes 92 généreux donateurs: j’ai rempli ma part du contrat !

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Dimanche 6 avril – 15h *

Retour à la maison. Je réalise tout doucement. Je n’y crois pas encore totalement. JE SUIS MARATHONIENNE. J’ai réussi à réaliser mon défi sportif et solidaire de la plus belle des manières.

Le bilan se fera petit à petit, tout au long de la semaine, au fil des résumés et des debriefs. Complètement accaparée par ce projet depuis des mois, j’avais également peur de « l’après », de me retrouver vide et désarmée mais c’est tout le contraire…

Cette aventure complète et inoubliable m’a permis de montrer à mes parents à quel point je les aimais et les admirais. Dans un sens, je pense qu’elle nous a même encore plus rapprochés.

 

Cette aventure m’a permis de faire la rencontre de gens formidables et de me confirmer à quel point j’ai de la chance d’avoir une famille et des amis qui le sont tout autant…

Cette aventure m’a permis de reprendre une confiance en moi, une confiance qui m’avait quelque peu abandonné, et sûrement de remonter la pente après une période et des épreuves assez difficiles…

On m’avait dit qu’une nouvelle Sophie naîtrait de cette aventure… Ce n’est pas exactement le cas. Elle était déjà là avant mais je ne la voyais pas… Et vous m’avez tous permis de la retrouver…

MERCI à tous ceux qui y ont pris part, de près ou de loin… Cette aventure a tellement été une aventure collective que je ne compte plus les personnes qui ont participé à cette réussite, à ce sans-fautes…

Let’s my new life begin…

7 commentaires sur “Un Marathon contre la SEP, l’aventure de toute une vie…

  1. Bravo Sophie ! Tu es bien la digne fille de tes parents !!! Quelle volonté ! Bonne continuation dans ta vie qui ne peut qu’être belle ! Bisous à toute ta famille. Les amis de Clermont Edouard et Bénédicte

  2. Beaucoup d’émotion à la lecture de ton blog Sophie… Beaucoup d’admiration pour ton courage, pour la façon dont tu mènes ta vie et tes combats… Une grosse pensée pour tes parents auxquels je pense bien souvent même si je ne me manifeste pas beaucoup… J’espère que les épreuves récentes que tu évoques sont loin derrière toi… au moins 42 km, il y a déjà de quoi les mettre à distance. Beaucoup de bonnes et belles choses pour toi. Je t’embrasse bien fort. Ta marraine bien fière d’une telle filleule !!!

  3. BRAVO SOPHIE ! Super sur la course, et parfaite sur le blog aussi !
    Encore bravo pour tes exploits, car tu as MAITRISE ta course ! Même quand on à un peu acceléré tu as tenue ton allure marathon !

    BRAVO !

    Et alors, les prochains exploits ? Tu vises quoi ?

  4. J’ai mal aux jambes rien qu’à te lire !
    Si celles ci ne t’ont pas soutenue, mon coeur , lui a senti ce courage et cette détermination qui caractérise ma filleulle.
    Bravo à toi, merci à ceux qui t ont soutenue et supportée de plus près.
    Whith love….

  5. Bravo Sophie !
    À 36 ans, je viens de déclarer une SEP (depuis un an tout juste depuis les premiers symptômes)… Maladie que je connais bien car elle touche également mon père depuis plus de 20 ans… Ça fait 3 mois que je me suis mis à la course à pied, alors que j’étais un très mauvais coureur… La semaine dernière j’ai franchi mon premier 10 km et j’ai ressenti tout ce que tu décris dans ton magnifique récit. Je me suis vu à la place de Rocky en haut des marches à Philadelphie, levant les bras en l’air comme un dingue. La SEP, c’est un truc vicieux, elle t’accompagne tout le temps, à chaque instant tu peux sentir son souffle sur ta nuque, tu ne peux pas t’imaginer… Mais tu t’es battue pour nous et c’est d’une telle générosité !!!! Tu m’as profondément touché et ému (aux larmes). Merci à toi, bigger than Life !!!! Bise admirative.

    1. Bonjour Franck, Merci pour votre message qui m’a énormément touchée et émue prequ’aux larmes, tout comme vous. Ce marathon est passé depuis 1 an et demi maintenant mais j’en sens encore les effets positifs sur moi et les personnes qui m’entourent… et votre message en est un bel exemple. De plus, la volonté, la joie de vivre et le dynamisme de personnes comme mes parents ou comme vous sont une réelle et constante motivation pour moi dans mon quotidien et pour faire ce que je peux à ma hauteur pour faire avancer la recherche et, en attendant, vous rendre la vie plus douce… 🙂 Car c’est bienn moi qui vous admire ! Encore merci !

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