Le Grand Raid de l’Ultramarin … 177km de dépassement de soi !

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Jeudi 28 juin : nous voilà enfin arrivés à Vannes, après un voyage sans encombres malgré les grèves et surtout après des mois de visualisation et de projection.

Notre hôte Airbnb vient gentiment nous chercher à la gare et nous découvrons un logement frais et au rez-de-chaussée : tout ce dont nous aurons besoin à notre retour de la course !

Nous ne tardons pas trop. Direction le retrait de nos dossards et de notre cadeau et rencontre avec l’équipe sur l’étude du sommeil dans les sports extrêmes à laquelle nous participons : nous avons déjà un accéléromètre (en mode « repris de justice ») au poignet depuis une semaine, on nous fait désormais ingérer une capsule qui mesurera en permanence notre température interne, avec son petit boitier à ne pas quitter et à glisser dans notre sac de course. Une pesée (moi qui ne voulait pas me peser, leur balance semble plus sympa que la mienne, les rares fois où je la sollicite), quelques premières questions et un premier test de réactivité plus tard (que nous reproduirons plusieurs fois pendant toute la durée de la course), nous sommes intrigués mais finirons absolument ravis d’y avoir participé.

Après un passage à l’appartement, nous retrouvons pour la première fois ma soeur Marion et mon beau-frère Fabien. Bière interdite en cette veille de course mais on finira bien par se rattraper. 😉

On enchaine sur un très bon resto italien, conseillé par notre hôte : la nourriture est délicieuse, on a une magnifique vue sur les remparts et le jardin à la française. Et surtout nous sommes en charmante compagnie, après plus de 6 mois sans avoir vu ma soeur adorée. Les 2 loustics ont trouvé le moyen de trouver du boulot à Sarzeau, ville qui se situe directement sur le parcours de la course. Merci le hasard de la vie qui me permet d’avoir les meilleurs supporters possibles. 🙂

Vendredi 29 juin : une journée consacrée au repos, à la sieste et aux derniers préparatifs.

Départ à 16h45 direction la ligne de départ. Un peu de stress et d’appréhension mais nous nous sentons prêts et nous avons prévu tout ce que nous pouvions prévoir. Dépôt des sacs d’allègement, que nous retrouverons à mi-course puis en fin de course, et qui nous permettrons de nous changer après une nuit passée à crapahuter dehors.

Petit point avec l’équipe du sommeil, retrouvailles avec ma soeurette et mon beauf, quelques photos souvenirs (chose que nous oublierons totalement de faire ensuite sur la course…) et c’est déjà l’heure d’aller rejoindre les coureurs derrière la ligne de départ. Sans le faire exprès, nous nous retrouvons juste à côté des coureurs de l’équipe « Solidaires en peloton » de la fondation ARSEP (pour laquelle j’avais collecté pour mon premier Marathon en 2014). Je pense immédiatement à mon papa adoré et, l’émotion du départ aidant, j’ai rapidement les larmes aux yeux. Les coureurs de l’association s’en aperçoivent et, sans qu’ils sachent exactement d’où viennent ces larmes, m’encouragent et me tapent dans la main. La magie du trail commence déjà…

Vendredi 29 juin, 18h : c’est le grand départ après un petit crochet de quelques centaines de mètres et un dernier encouragement de ma sister. Nous croisons quelques têtes connues : Jean-Charles, la fusée de La Route du Trail et Emir des Lapins Runners, tous deux rencontrés quelques semaines plus tôt lors d’un run épique au Bois de Boulogne, et Joselito, de la team Les Flammes en Rose, hyper actif de la communauté Km for Change.

Je me sens en forme mais pas encore totalement entrée dans la course. Cela m’inquiète légèrement même si je sais que j’ai 177km pour rentrer mentalement dans la course. Les premiers kilomètres sont déjà magnifiques : nous faisons le tour d’une petite presqu’île, croisons beaucoup de baigneurs et même un homme avec un cloche qui annonce que c’est le dernier tour (vous avez capté la blague ? ;)), alternons chemins côtiers et chemins de forêt. Mise à part la chaleur encore très présente malgré l’heure tardive, tout se passe bien et on apprécie le moment…

Km 15 : nous arrivons au passage dans l’eau. Philippe m’avait prévenu et m’avait aussi relaté l’inquiétude remontée par les coureurs qui connaissaient le coin, à l’organisation : avec l’horaire et la marée haute, ce passage s’avérait dangereux. Et ils ne s’étaient pas trompés !

Bien que ce ne soit qu’un tronçon de 300 mètres, l’eau jusqu’à la taille et le manque de visibilité sur des rochers glissants et acérés, sans compter le fait, que le peloton des coureurs n’a pas encore pu s’étirer à ce stade de la course, font que nous avançons à tâtons et avec beaucoup d’appréhension. À chaque pas, un petit déséquilibre et le risque, soit de tomber, soit de se couper sur les rochers… Personnellement, je choisis, bien malgré moi, de prendre les deux options : après m’être coupé la plante du pied gauche, je finis par perdre l’équilibre en me coinçant le pied gauche entre 2 rochers : mise à part la douleur immédiate, je me vois blessée et forcée d’arrêter la course aussitôt. Mais, miracle, je ne récolterai que des égratignures. Point positif : cela me vaut de rentrer définitivement dans la course et de tester pour la première fois ma détermination à aller jusqu’au bout. La phrase qui me vient alors : « même s’il faut m’amputer, je finirais ». Ah ah, un peu extrême mais ça vous donne une idée de la force de ma volonté.

On finit ENFIN par sortir de l’eau 50 minutes plus tard. Nous avons perdu beaucoup de temps sur notre horaire initial et beaucoup d’énergie mentale à rager contre l’organisation et contre les coureurs qui, comme sur le périph parisien, continuaient à doubler par le côté, ralentissant encore plus l’avancée de tous.

Nous remettons nos chaussures, nous remettons enfin à courir et arrivons rapidement au premier ravitaillement.

Arradon – Km 17 – 2h53 (!!) : premier ravitaillement très pauvre en eau et en nourriture, donc on repart directement, toujours la rage au ventre, qu’on va essayer de faire passer en courant non stop contrairement à l’alternance de marche et de course qu’on s’était fixé.

Rapidement, nous croisons un deuxième passage dans l’eau, heureusement beaucoup plus court et moins dangereux. Mais je fais l’erreur de remettre rapidement mes chaussures, sans mettre de Nok (crème anti-frottements), histoire de rattraper le temps perdu…

Baden (Port Blanc) – Km 28 : seulement un point d’eau (alors qu’il était indiqué par l’organisation que ce serait, tout comme le premier, un ravitaillement léger). Mais passons… Nous retrouvons pour la première fois les membres de l’étude du sommeil. Réponse aux questions et test de réactivité (un simple test où il faut taper l’écran de l’Ipad le plus rapidement possible dès qu’un chrono démarre… le truc qui réveille bien ton instinct de compétition !!). Le soleil vient de se coucher donc nous passons en mode nuit et troquons casquettes et lunettes de soleil contre frontale et manchons pour le froid (le quoi ? Il ne fera finalement pas en-dessous de 20° cette nuit). La fraîcheur est tout de même là, par rapport à ce que nous avons vécu les premières heures, donc appréciable. La première nuit commence dans la sérénité. Nous continuons majoritairement à courir, toujours à cause de cette histoire de retard et puis parce qu’on se dit qu’il vaut mieux avancer le plus possible pendant la nuit, avant que la chaleur ne se réveille le lendemain.

Larmor Baden – Km 35 – 4h32 de course : troisième ravitaillement un peu plus conséquent. On remarque pour la première fois l’espace « navette abandon » où attendent déjà quelques coureurs. Déprimant mais on évite d’y penser. On ne reste pas trop longtemps et on repart à minuit pile, en estimant à peu près 2h30 pour rejoindre le prochain ravitaillement.

Sur la portion suivante, on court encore pas mal, doucement mais sûrement. Nous assistons à un lever de lune rousse presque pleine magnifique, qui se reflète ensuite sur l’eau du Golfe… un pur moment de grâce digne de ce trail de folie.

Le Bono Port – Km 52 – 9h01 de course – 2h30 : premier gros ravito solide avec un plat chaud en perspective. Il est 2h30 du matin mais peu importe ! On prend un peu plus de temps. On passe les tests sur le sommeil (ce qui en même temps nous rassure sur notre énergie et notre fatigue) et on discute avec les gars en charge de l’étude. Vraiment adorables. On essaie de battre nos records au test de réactivité (quand je vous dis que ça réveille nos instincts de compétition :)).

On repart et on croise aussitôt Émir des Lapins Runners avec qui on discute un moment avant qu’il ne rejoigne celui qu’il accompagne.

Pour la première fois depuis le début de la course (sans compter le passage dans l’eau), nous concédons une première grosse portion de marche rapide, histoire de se reposer un peu (et de digérer). On fait un aller-retour dans le port d’un village, puis une petite montée à pied et c’est finalement reparti.

La nuit passe plus rapidement que je ne l’aurais pensé. Le cerveau est un peu en mode off et on se contente d’avancer, sans trop de douleur (même si mon talon droit me fait mal et surtout m’inquiète un peu).

Crach – Km 67 – 11h27 de course – 5h30 : passage assez rapide dans cet endroit sympathique. Le jour ne va pas tarder à se lever et on veut gagner encore un peu de temps au frais.

Nous assistons ensuite à un lever de soleil sublime sur le Golfe du Morbihan puis on aperçoit rapidement l’embarcadère de loin avec les bateaux qui font les aller-retour (eh oui pas le choix, mais c’est prévu dans la course et le chrono s’arrête pendant toute la durée de la traversée donc ce n’est pas de la triche :)). Malheureusement il nous faut faire encore tout un tour avant d’y arriver, ce qui me donne l’occasion de râler un peu pour la première fois (mais pas longtemps, promis). Nous croisons (et doublons ! On vit dangereusement…) quelques coureurs-gendarmes et courons même quelques temps avec une femme gendarme, avant d’arriver à l’embarcadère.

Embarcadère de Locmariaquer – km 81 – 13h56 de course – 8h : pas d’attente à l’embarcadère. Nous enfilons de magnifiques ponchos en plastique recouverts d’un gilet de sauvetage, la classe ! Assis tranquillement à l’arrière pendant que d’autres sont assis par terre, nous profitons de la traversée pour nous reposer un peu. Nous descendons du bateau et nous étalons tout de suite  du baume du tigre (conseil précieux de notre kiné préféré) pour que les muscles ne refroidissent pas trop.

On repart aussitôt vers Arzon, à mi-course, où on va pouvoir récupérer notre sac, se doucher, se changer et faire une sieste. Et même revoir les adorables petits jeunes (oui, je parle comme une vieille 🙂 ) de l’étude du sommeil (car cela devient aussi une motivation supplémentaire, cette perspective de revoir des têtes connues).

Arzon – Km 86 – 16h35 de course – 10h30 : quelle joie d’être arrivés ! Par contre, il fait déjà une chaleur à crever dans le gymnase…

On récupère les sacs et direction la douche ! Un des avantages d’être une fille en ultra : je suis seule dans la douche, quel bonheur ! Après un point matos et ravitaillement, sans oublier les tests pour l’étude du sommeil, un plat et une sieste à même le sol du stade, nous sommes vraiment frais (qui l’eût cru après une sieste de seulement 20 minutes ?) et motivés, 1h30 après notre arrivée !

Vite rattrapés par la chaleur qui s’est définitivement levée, nous croisons un coureur très sympathique, qui a l’air de ne pas en être à son premier Ultramarin. On lui explique comment on a géré notre course jusqu’à maintenant et il semble nous dire que nous nous en sortons plutôt bien. C’est bon pour le moral !

Nous faisons rapidement un petit stop pour mettre de la crème solaire car cela tape fort !

Cette portion comportera finalement peu de course car il fait trop chaud et nous suons à grosses gouttes à chaque accélération. Nous faisons tout notre possible pour bien gérer l’hydratation et la nourriture, histoire d’éviter tous les écueils liés au sport dans ces circonstances climatiques chaudes.

Depuis quelques kilomètres, nous sommes en « terre inconnue » : nous avons dépassé le nombre de kilomètres que nous avons fait jusqu’à maintenant (le maximum étant à peu près 80km sur le trail des Templiers en octobre 2017). Drôle de sensation…

Arzon Port Neze – Km 97 – 18h34 de course – 12h30 : le moral est toujours là. Ce point d’eau est très agréable car il se trouve à l’ombre des arbres. On se pose un peu et j’appelle Marion pour lui dire que nous ne serons pas, comme prévu à la base, avant le match au ravitaillement de Sarzeau. Vu les conditions climatiques, on préfère y aller doucement et nous avons pris du retard par rapport au temps que nous estimions faire (mais dans des conditions climatiques plus « classiques »). Elle me trouve en forme, avec une bonne voix et c’est vrai que c’est le cas. Mais juste après, nous entamons une discussion avec des coureurs sur le point d’abandonner, ce qui aura une incidence inattendue sur notre moral… Nous leur conseillons de faire une bonne sieste avant de prendre une décision définitive car la barrière est encore loin donc tout est encore possible (en espérant que cela portera ses fruits). Nous repartons et le soleil tape encore fort. On accuse le coup et le moral décline un peu.

On décide alors de trouver un endroit pour faire une sieste car on sent bien qu’on n’avance plus aussi bien. Nous trouvons un petit espace pique-nique avec une table. Je m’allonge sur un des bancs pendant que Philippe se met par terre, les jambes en l’air, posées sur l’autre banc. C’est parti pour 20 minutes. Nous sommes à l’ombre, au calme et une petite brise se lève : ce sera pour moi la meilleure de toute la course !

On repart de plus belle et on tente d’enchaîner encore marche et course, doublant et recroisant le fameux coureur « expérimenté », croisé après Arzon. Lui est à sec et on l’entend appeler sa femme pour qu’elle lui ramène de l’eau le plus tôt possible. Il y en a qui ont de la chance… Il la prévient même qu’il arrive juste derrière « un couple de petits jeunes« . Héhé, ça fait toujours plaisir. 🙂

Arzon porte de Bernon – Km 109 : nous arrivons à un tout petit point d’eau qui s’est fait attendre. J’ai tellement chaud que j’ai presque la flemme d’enlever mon sac pour remplir ma poche à eau. Il faut du mental pour tout sur cette course 🙂

Les kilomètres qui suivront nous sembleront longs car la chaleur est lourde, sans compter la fatigue… Nous croisons un vieux monsieur à sa fenêtre qui nous propose de l’eau fraîche. Adorable, il nous avoue avoir sauté ses repas depuis le début de la course pour ravitailler les coureurs… D’une manière générale, nous croiserons un nombre incalculable de gens adorables, encourageants et admiratifs, sur cette course qui a l’air d’être un institution dans la région (ce que je peux comprendre… :))

Nous croisons d’ailleurs une dame charmante mais qui nous annonce que « le ravitaillement est à 700m ». Sauf que les bretons n’ont pas l’air d’avoir la même notion de la distance que nous… 700m passent (et le petit « raidillon » annoncé par cette même dame est bien là, lui) et nous sommes toujours en forêt. Nous entrons finalement dans Sarzeau mais le ravitaillement est encore loin, un gars à l’air un peu mieux renseigné nous indique 10 minutes de marche. Lui avait raison même si ces 10 minutes me semblent en faire au moins le double, tant il me tarde d’y être. On croise enfin du monde à qui demander le score du match France-Argentine qui a lieu en même temps. Ça a l’air d’être un match de folie et ça redonne du baume au coeur même si j’aurai préféré que mon Philou ait pu le regarder.

Sarzeau – Km 119 – 24h30 de course – 18h30 : comme le match fini tout juste, j’ai prévenu Marion de notre arrivée mais je ne sais pas où ils en sont. Nous sommes accueillis chaleureusement par Benoit de l’étude du sommeil. Il nous fait part du nombre assez incroyable d’abandons à ce stade de la course. Cela donne le tournis et ce n’est pas étonnant vu la chaleur qu’il fait depuis le début de la journée.

Mais nous n’en sommes pas du tout à ce stade et sommes toujours plutôt en forme.

Marion et Fabien finissent par arriver… beaucoup d’émotions en les voyant, en voyant l’admiration pétiller dans les yeux de ma soeur, qui découvre totalement cet univers. Ils nous avouent avoir essayé de nous croiser un peu plus tôt, en vain… Je suis très touchée mais déçue de ne pas avoir regardé mon téléphone pour pouvoir les renseigner…

Heureusement qu’ils sont là pour nous faire penser à prendre quelques photos souvenirs. Nous debriefons, mangeons un peu (mais je commence à en avoir marre de manger toujours la même chose).

Nous rencontrons aussi pour la première fois Eugénie, qui fait partie du même groupe Facebook que moi « Trail entre elles » (réservé aux filles qui font du trail, comme son nom l’indique ;)) et qui me reconnait grâce à mon buff (après un moment d’absence de ma part car j’avais oublié que je l’avais sur la tête !). Elle est accompagnatrice et attend un couple d’amis. Nous debriefons un peu sur l’organisation, les abandons, etc. Elle nous trouve en forme, ce qui, encore une fois, fait du bien à notre moral.

Vu notre allure, nous proposons à Marion et Fabien de repartir un peu avec nous, ce qu’ils font sur à peu près 1km. Nous les quittons ensuite. Je leur propose de nous retrouver au prochain ravito, dans 10km.

Puis nous rencontrons un coureur sympathique, qui fait aussi la course pour la première fois et qui nous parle de l’Ultra Trail du Mercantour, qui a eu lieu 2 semaines plus tôt et que je rêve de faire pour les paysages magnifiques et pour son arrivée à Saint Martin Vésubie (adorable région où mon meilleur ami Juju avait fait un stage il y a déjà pas mal d’années, ce qui m’avait permis de découvrir la région avec émerveillement).

Je sens soudainement la fatigue et des douleurs aux mollets : Philou me conseille, malgré la chaleur encore présente, de mettre mes chaussettes de contention pour faciliter le retour veineux et tenter de réduire les douleurs. Nous nous arrêtons rapidement sur le bord de la route, à côté d’une dame adorable (elle me passe, sans que je le demande, du brumisateur sur la tête, les bras et les jambes) mais un peu perdue : elle vient encourager sa fille qui fait le 56km mais qui semble être déjà passée. Philippe, le coeur sur la main, sort son téléphone et vérifie les temps de passage de sa fille en lui suggérant un autre lieu, un peu plus loin, pour aller l’encourager.

On repart et ça va déjà mieux !

Mais cela ne dure pas … Quelque temps plus tard ce sont les douleurs aux pieds qui deviennent insupportables. J’ai des ampoules, je le sais, je le sens même si j’ai plutôt choisi la stratégie de l’autruche jusqu’à maintenant… ce n’est pas malin car nous sommes encore loin du prochain ravitaillement mais je n’y tiens plus ! Pas d’autre solution que de s’arrêter sur le bord de la route… Percer les ampoules avec les moyens du bord pour qu’elles fassent moins mal. Au couteau (une fois n’est pas coutume, merci mon amour) et sans désinfecter.

On croise un coureur qui vient faire une sieste à côté de nous et son coach qui me voit souffrir et se souviendra de moi.

On voit ensuite arriver Émir en courant. Son coéquipier a malheureusement abandonné et il rattrape d’autres potes, encore tout frais. Puis, on croise aussi un autre coureur qui essaie de faire une blague alors que ce n’est pas vraiment le moment… Le pauvre s’en prend plein la figure !

On repart et on a encore le droit à des paysages magnifiques, des chemins entre 2 eaux, des marais salants, le soleil qui décline…

On recroise une nouvelle fois le coach qui me demande si mes pieds vont mieux et qui nous indique que le prochain ravitaillement n’est pas loin. On trouve aussi un tuyau d’arrosage laissé par un habitant… Pour notre plus grand bonheur !

Le Hézo – Km 135 – 29h03 de course – 23h : arrivée au ravito avec un premier objectif en tête :  me faire soigner et rattraper le carnage fait sur la route.

Je tombe sur un soignant de l’Ordre de Malte très attentionné, délicat et plein d’humour… Ce qui me vaudra même de rire pendant que je me fais charcuter les pieds… et d’en garder un bon souvenir !

Pendant ce temps, Marion et Fabien arrivent, pour encore plus de bonheur. Un peu de discussion, quelques derniers encouragements avant de nous séparer définitivement. Nous décidons de rester un peu pour tenter une sieste avant de repartir… Je dis bien « tenter » car la première tentative sera vite avortée à cause d’une invasion de moustiques et la seconde le sera également car nous nous étions rabattus sur le sol de la salle du ravitaillement, où il y avait forcément beaucoup de bruit et de lumière (mais je pensais bêtement que cela ne sera pas un problème après plus de 24 heures sans dormir !). Nous nous résignons à repartir et espérons pouvoir faire une sieste plus tard. On remplit les gourdes et on emprunte de l’anti-moustiques avant de repartir. Un jeune bénévole se porte volontaire pour nous montrer le chemin car il a peur que nous nous perdions.

Cette portion est plutôt agréable malgré la seconde nuit déjà bien amorcée. On entend du tamtam et des chants au loin, on a même l’impression d’en faire le tour, ce qui a quelque chose de magique. On arrive rapidement à un stade qui n’est qu’un point d’eau. On décide de retenter une sieste. Philippe craint l’orage mais, naïve ou trop optimiste, je ne le crois pas. Toujours est-il que 15 minutes après une nouvelle tentative de sieste malgré les cris d’une supportrice pas très respectueuse, les premières gouttes se font sentir… Après quelques tergiversations (« on attend que vienne et passe l’averse, avec le risque de perdre du temps ? » ou « on se remet en marche quand-même en prenant le risque de se prendre une saucée et même un orage avec nos bâtons en carbone dans les mains… ?« )

On décide finalement de repartir, avec 2 autres coureurs avec qui nous n’avons pas trop le temps ni l’énergie de discuter.

Les quelques gouttes ne tardent pas à s’intensifier et une pluie de plus en plus battante les remplacent. De gros éclairs illuminent successivement d’un seul coup le ciel, faisant apparaître brièvement la totalité du paysage qui nous entoure. C’est magnifique mais on ne fait pas les malins avec nos bâtons en carbone et notre fatigue de plus en plus lourde à porter. L’orage semble venir de partout. Nous ne sommes pas certains qu’il nous passe au-dessus mais dans le doute… Ça fait un peu apocalyptique tout ça mais on avance coûte que coûte car on n’a pas vraiment d’autre choix. On croise un village complètement désert (en même temps, il est 1h du matin !) mise à part des coureurs échoués à dormir sous les abribus (bonne pioche !).

On quitte le village et on amorce une montée… Au bout de cette montée, un bâtiment sur notre droite. En tournant tous les deux la tête, on se rend compte que la dernière fenêtre de la vitrine du bâtiment ne brille pas à la lumière de nos frontales… Serait-elle ouverte ? Dans le doute, on avance pour vérifier…et c’est bien le cas ! En fait, derrière les vitres de ce qu’on pensait être un magasin se trouve ce qui a l’air d’être l’annexe d’une grange : des palettes, de la nourriture pour animaux, une pile de sacs d’allaitement pour veaux (je ne savais même pas que ça existait !). À ce moment, Philippe est le seul de nous deux à être assez vif d’esprit pour appeler les deux gars qui se trouvaient un peu derrière, aller vérifier ce qui se trouve dans les autres pièces du lieu (et, par la même occasion, réveiller les vaches…), proposer une sieste pour attendre en espérant que la pluie s’arrête et organiser les lieux de sieste (les deux gars sur les palettes, lui sur une grande bâche blanche et moi sur la pile de sacs d’allaitement).

Il est 1h20, réveil mis à 2h. Rendez-vous dans 40 minutes. Sommeil agité ou plutôt demi-sommeil à regarder défiler les frontales à l’extérieur… Ces corps résignés à avancer coûte que coûte…

Trempée, le froid se fait vite sentir mais j’ai la bonne idée de sortir ma couverture de survie. Ça fait un sacré boucan en se dépliant et ce n’est pas forcément simple à faire à demi éveillée mais quel bonheur une fois étalée sur moi… On peut vraiment dire que j’aurai utilisé tous les éléments de mon sac à dos… Je n’aurai rien porté inutilement, c’est une façon comme une autre de me rassurer.

Réveillés tous les deux un peu avant le réveil, on croit naïvement que la pluie s’est calmée. Le réveil de nos compagnons pour la (courte) nuit ne tarde pas à sonner et on ne traine pas trop à repartir.

Un petit pissou à l’arrière de la grange (oups…), un renfilage de veste humide et hop !

On a le temps de passer le relais à 2 coureurs crevés qui ont vu une lueur d’espoir dans la lumière de nos frontales allumées. On repart et on ne tarde pas à recommencer à courir un peu pour se réchauffer. Mais la pluie reprend de plus belle et notre moral n’est pas au beau fixe. Les chemins sont très monotones même si on ne voit pas beaucoup plus loin que le bout de notre frontale qui n’éclaire que les gouttes qui tombent, inéluctablement. On essaie de trouver des sujets de conversation légers pour faire passer le temps mais mon énergie joue aux montagnes russes.

Le temps s’étire et quand je regarde ma montre en ayant l’impression que 30 minutes se sont écoulées, en fait cela ne fait même pas 10 minutes… Gros coup au moral. Le coup de grâce est porté par les piles de ma frontale qui rendent l’âme (normal, au bout de 2 nuits). Pause forcée au milieu de la nuit et sous la pluie (alors que je sens que ce n’est pas du tout le moment de m’arrêter), mes piles de rechange (pourtant testées la veille) ne fonctionnent pas. Heureusement que mon Philou d’amour est prévoyant et en a également dans son sac. Pourtant le temps passé à chercher les piles dans son sac, à ouvrir le boîtier qui les contient et à les positionner dans la frontale me font perdre patience et envisager, pour la seule et unique fois, l’abandon. C’est bête et complètement anodin mais je suis à bout et c’est simplement la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Heureusement, ma détermination reprend vite le dessus. Et puis, je n’ai pas le choix : nous sommes littéralement au milieu de nulle part !

Niveau kilométrage, nous sommes perdus : notre montre a continué à avancer durant notre sieste, si bien que nous ne savons pas combien de kilomètres il nous reste jusqu’au prochain et dernier ravitaillement, celui de Sené. On choisit de prévoir large pour ne pas être déçus de ne pas voir le ravito arriver, ce qui peut être fatal pour le moral.

Pour tenter d’avancer plus vite et casser la monotonie, nous décidons de nous remettre à alterner marche et course. Finalement, les jambes fonctionnent encore plutôt bien. Nous doublons pas mal de personnes, majoritairement ceux qui nous avaient doublés pendant l’épisode du changement de piles…

Et puis… Au détour d’un virage, alors que nous étions préparés à avancer encore sur 2/3km, nous apercevons un gymnase éclairé. Je n’ose y croise même si mon cœur est serré et les larmes me montent déjà aux yeux. Nous les plissons d’ailleurs, ces yeux, pour tenter d’y voir plus clair et de confirmer cette intuition. Et c’est bien la bonne ! Quel soulagement en franchissant la porte du gymnase …

Photo non contractuelle à ce stade de la course 🙂

Sené – Km 154 – 35h33 de course – 5h37 : nous retrouvons, pour une dernière fois avant la ligne d’arrivée, l’adorable équipe de l’étude du sommeil. On nous conseille de prendre d’abord le temps de manger et de reprendre des forces, ce que nous nous empressons de faire. Mais je décide rapidement de manger en attendant, tout comme Philou, de me faire prendre en charge par les podologues. Avec les kilomètres supplémentaires et surtout la pluie, cela s’avère de plus en plus nécessaire et, même s’il ne reste « que » 22km, je sens qu’il vaut mieux les aborder de la meilleure des manières… Quand je vois la tête de la podologue en découvrant les pieds tous frippés et perclus d’ampoules, je m’efforce de ne pas flipper et de rester positive.

Un petit passage chez les médecins pour prévenir plutôt que guérir un frottement entre les cuisses inévitable avec la pluie, nous retournons faire nos petits tests sur le sommeil, avant de le retrouver justement, le sommeil. Pour 17 minutes car il parait que c’est la durée parfaite pour une sieste réparatrice. Mais de belles 17 minutes enfin au calme et dans le noir d’un couloir du gymnase. Un des gars de l’étude avait gentiment proposé de nous réveiller (ce qui nous évitait aussi de stresser à l’idée de ne pas entendre notre réveil) mais nous nous réveillons naturellement tous les deux juste avant la fin. Et en pleine forme. Moi qui n’étais pas forcément pour faire une sieste car j’étais stressée par le chrono (une médecin m’avait dit qu’il valait mieux partir à 5h grand max… Mais quand j’y repense, nous avions 7h pour faire 22km, c’est quoi ce conseil en carton ??), j’ai eu raison de faire confiance à mon Philou. Nous ne tardons pas trop à repartir, convaincus que la pluie va continuer à tomber au moins jusqu’à 8h (et il est à peine 5h30). Il nous reste donc 22km. C’est rien. Et ça nous semble pourtant si long… Mais première surprise en repartant : il ne pleut plus… Et cela a l’air de tenir ! Le soleil se lève et nous pouvons de nouveau nous émerveiller de la beauté du Golfe, histoire de passer le temps.

Philou donne la cadence devant. Il est adorable et a senti mon stress. Il avance au plus vite, même s’il sait très bien qu’on a tout ce qu’il faut pour y arriver. Il ne nous reste qu’à faire le tour de la presqu’île en face de Vannes, ce qui signifie que nous ne tarderons pas à distinguer notre objectif.

Port Anna – Km 162 : nous passons le dernier point d’eau et relevé de chrono… Plus que 14km !

Philou a très faim et n’arrive pas à se rassasier : pas de nourriture sur ce point alors il demande au bénévole s’il a quelque chose à manger. Celui-ci lui donne gentiment un morceau de sa baguette qui a pris l’eau mais cela a l’air de ravir Philou. À ce stade là de la course plus rien ne m’étonne.

On continue à avancer en alternant, tant bien que mal, marche et course. Nous croisons deux coureurs, dont un nous interpelle en nous demandant : « vous avez payé l’Airbnb pour cette nuit?« . On se regarde sans trop comprendre avant de réaliser qu’il s’agit des 2 gars avec qui nous avons dormi dans la grange ! Nous ne les avions pas reconnus, avec la fatigue, le jour et surtout sans le frontales et les coupe-vents. Nous faisons un bout de chemin ensemble et sommes beaucoup plus bavards que cette nuit ! Nous papotons de tout et de rien et je ne me rends pas compte que je vais plus vite que mon rythme… Avec 160 kilomètres dans les jambes, cela n’est pas forcément conseillé… Et je finis par ralentir fortement, prise de grosses douleurs aux pieds qui n’en peuvent plus !

Mon Philou me propose une pause et un petit massage de pied… Après 38h de course… Si c’est pas de l’amour, ça ! ❤

Toujours est-il que cela me fait beaucoup de bien. On repart et je propose à Philou de recommencer à alterner marche et course, ce qui me permet de ne pas solliciter les mêmes muscles et donc de réduire un peu les douleurs. Plus que 8… 7… 6… 5… 4km… Désormais c’est sûr : nous distinguons Vannes et il ne reste plus qu’une ligne droite jusqu’à destination… Mais la chaleur s’est de nouveau levée et les douleurs aux pieds sont telles que je ne peux que ralentir. Une fois encore, mon amoureux est d’une douceur et d’une patience infinies…

Vannes – Km 176,5 – 39h47 – 9h50 – Dimanche 1er juillet 2017 : nous arrivons dans Vannes et croisons les premières personnes à nous lancer des « bravos », « respect », « vous l’avez fait »… Les larmes commencent déjà à me monter aux yeux et les douleurs disparaissent un peu. Nous remontons le port et voyons l’arche de l’arrivée nous narguer de l’autre côté… Je prends la main de mon amour et nous « trottinons » jusqu’à la tant attendue arche d’arrivée. Quel soulagement ! Quel bonheur ! 39h. Moins de 40h. Bien loin du temps que nous pensions faire mais avec de telles conditions climatiques finalement peu importe… Même si je ne réalise pas immédiatement l’ampleur de notre accomplissement…

Benoît, Rémy et toute l’équipe de l’étude du sommeil sont là pour nous accueillir et on sent chez eux une réelle joie partagée. Moment de bonheur et de partage avant de retourner dans la tente de l’étude pour faire les derniers tests, transférer les données de notre montre et de notre capsule/thermomètre interne. Je sens que la fatigue tombe définitivement. Nous les remercions chaleureusement et partons nous poser un peu à l’ombre car je ne me sens pas de faire autre chose. Mais je ne me fais rapidement piquer par une bestiole, sûrement un taon (mauvaise pioche mec, je ne pense pas être de très bon goût là, maintenant…).

J’ai Marion au téléphone : ils voulaient nous rejoindre sur la ligne d’arrivée mais nous ont malheureusement raté… On aurait été trop rapides ?

On se dirige ensuite lentement mais sûrement vers l’espace d’arrivée. Nous y croisons Émir et Carole des Lapins Runners.

La tente est une véritable étuve et je ne tarde pas à me sentir mal… Je suis fatiguée, j’ai faim, j’ai mal aux pieds, je me sens sale mais je me sens soudainement incapable de prendre une décision ou de faire quoique ce soit. Comme si le courant avait totalement été coupé dans mon corps après la ligne d’arrivée. Je m’allonge à côté de la table car car c’est finalement tout ce que je suis capable de faire pour le moment. Cela fait paniquer une bénévole qui appelle les bénévoles de la Croix Rouge, même si je lui dis que ce n’est pas nécessaire. Les bénévoles arrivent. Ils sont adorables et me font des examens de base même si je leur dis, encore une fois, que je suis juste fatiguée. J’essaie de me relever mais la tête tourne sérieusement. Ils préfèrent me transporter en fauteuil roulant en dehors de la tente pour que je reprenne des forces au frais (après un passage vain chez les podologues qui ont déjà remballé alors que les derniers, et sûrement les plus amochés, ne sont pas encore arrivés…). Je suis désolée pour mon Philou qui est aussi fatigué que moi, désemparé et sans doute pressé de retourner à notre logement. Mais les 20 minutes à pied qui nous séparent de celui ci me semblent insurmontables… Comme si mon corps avait signé pour 177km mais pas plus.

Finalement, je parviens à me motiver à remettre mes baskets (pas d’autres chaussures à disposition et de toute façon, même si j’avais pensé à prendre des tongs, je n’aurais pas pu les mettre -je vous épargne les détails…-), Philou part récupérer mon sac que je retrouve ouvert et avec tout son contenu trempé, comme une apothéose dans la démonstration de désorganisation de cette course… Il n’a pas été jugé utile de protéger les sacs de la pluie battante de cette nuit… Sans commentaires…

En repartant, nous croisons Eugénie, que j’avais aperçue lorsque j’étais mal en point sous la tente. Elle nous propose rapidement de nous ramener chez nous avec son camion. Je trouve ça absolument adorable mais, même après 177km et 39h d’efforts, je ne suis pas capable d’accepter quand on propose de me rendre service… Encore une fois, heureusement que Philippe est là et accepte à ma place… Et j’avoue que je suis soulagée. Elle nous dépose en bas de notre rue et je lui suis tellement reconnaissante… Je crois que son geste a fait en sorte que je garde un bon souvenir de cette fin de course.

Bref. Nous prenons le temps de ranger un peu nos affaires sales (histoire de ne pas se réveiller dans un appartement qui sent la sueur et les pieds ), prenons une douche libératrice et puis dodo ! On nous a conseillé de nous réveiller pour dîner, histoire de ne pas être trop décalés. On met le réveil pour 5h plus tard, à 18h30, et on sombre dans un profond sommeil.

À notre réveil, j’appelle Marion pour voir si elle et Fabien seraient motivés pour nous rejoindre, histoire de fêter cet exploit. Même s’ils commencent à bosser le lendemain, ils sont assez adorables pour nous rejoindre. Après quelques recherches d’un bar ouvert un dimanche soir pour trinquer, ça se transforme finalement en resto au bord du port… Soit à 100 mètres de l’arrivée… Comme quoi quelques heures de sommeil peuvent tout changer !

Après un très bon moment et un au revoir définitif (je suis tellement heureuse d’avoir pu revoir ma sœur, pas mal de fois en si peu de temps, après 6 mois sans se voir … Et de lui avoir fait découvrir un peu de mon univers, celui de la course à pied), nous retournons définitivement nous coucher pour notre première vraie nuit en 3 jours…

Cette course, cet Ultramarin, est vraiment la chose la plus difficile et la plus courageuse que j’ai pu faire dans ma vie. On m’avait dit qu’il y aurait un « avant » et un « après » cette course, tout comme on m’avait donné plein de conseils pour m’aider à me projeter. Mais il m’était impossible de savoir à l’avance à quel point j’allais devoir puiser très profondément dans mon mental mais aussi de savoir que j’avais au fond de moi cette force et cette détermination à toutes épreuves. Moi qui trouve (ou trouvais) toutes le preuves possibles pour me dévaloriser, je sens déjà que je suis définitivement changée, que je suis (et que je peux l’assumer haut et fort) fière de moi et de ce que j’ai accompli.

Tout cela est de très bon augure et me sera très utile pour la suite de ma vie, qui sera sans aucun doute faite de défis et d’aventures (et pas que sportives !)… et je sais que ce sera déjà le cas dans les mois à venir.

Sans parler de notre couple, qui sort non seulement sans encombres de cette épreuve autant physique que mentale, mais aussi grandi.

Le mot de la fin revient donc sans nul doute à mon amoureux, Philippe, l’homme de ma vie, qui est autant, voire encore plus courageux que moi, car il a su, en plus de tout le reste, être là quand il fallait, me laisser avec moi-même quand il le sentait mais me pousser dans mes retranchements quand c’était nécessaire. J’espère en avoir fait au moins autant pour lui (même si lui ne fera pas de compte rendu pour me le confirmer 😉). Il est pour moi le parfait compagnon de route, dans la course comme dans la vie.

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BONUS !

Comme nous avons complètement oublié de prendre des photos sur le parcours, trop occupés à profiter (beaucoup) et à souffrir (un peu… et pas l’inverse), je vous laisse avec quelques vidéos faites par quelques coéquipers, pour que vous puissiez vous immerger dans l’ambiance et la dureté de cette épreuve.

La Route du Trail

Pas du tout le même niveau que nous donc décalé par rapport à nous au niveau des jours et des nuits 🙂 mais très intéressant

 

C’est bien d’être bien

Se rapproche plus de ce qu’on a vécu 🙂

 

Elisa is running

Idem en version féminine 🙂

 

2 commentaires sur “Le Grand Raid de l’Ultramarin … 177km de dépassement de soi !

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