Je vais bien, ne t’en fais pas. Manifeste pour la vulnérabilité.

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Ce monde n’est pas fait pour les sensibles ou les hypersensibles, les vulnérables, les expressifs. Ceux qui osent montrer et exprimer leurs sentiments. Ceux qui osent les vivre, intérieurement et extérieurement.

Voilà. C’est posé. Je le pense sincèrement et depuis longtemps. Et je vais tenter de vous expliquer ce qui m’a amené à cette croyance.

Je pense que l’on peut dire que je suis d’un naturel positif, optimiste même. À toujours (ou presque) voir les choses du bon côté et à tout faire pour profiter de la vie et de ce qu’elle peut m’offrir. Là. Maintenant. Tout de suite.

On a aussi tendance à me dire que j’ai un visage expressif et qu’on peut « lire en moi comme dans un livre ouvert ». Mais est-ce vraiment le cas ? Ou ne voit-on pas que ce que moi-même je parviens à exprimer, à assumer, à laisser s’échapper ?

Au cours de notre vie, nous n’apprenons pas à affronter nos sentiments, particulièrement nos sentiments négatifs. Si bien que nous trouvons souvent des parades pour ne pas regarder nos sentiments en face et ne surtout pas en parler (même à soi-même) : nourriture, drogue & alcool ou même surconsommation… tout est bon pourvu qu’on n’ait pas à se poser la question : « qu’est-ce que je ressens ? D’où cela vient ? », pourvu qu’on ait pas à voir la réalité en face et à « traverser » nos sentiments, aussi désagréables soient-ils. Aurions-nous trop peur de nous regarder dans la glace et de nous retrouver face à nous-mêmes et à nos contradictions ? Nos défauts ? Nos faiblesses ?

Même si cela nous aiderait grandement à passer à autre chose, à aller de l’avant. Mais aussi à être pleinement nous-mêmes. En paix intérieurement et avec les autres.

Et puis il y a la question de l’extériorisation, du partage. Avez-vous déjà eu envie de répondre honnêtement à la réponse « Comment ça va ? » quand un membre de votre famille ou un ami vous la pose et que « non, ça ne va pas » et que vous auriez bien envie d’en parler, de vous confier.

Sans doute vous est-il souvent arrivé de vous raviser, de peur de plomber l’ambiance ou de gâcher la soirée, la journée, le moment. Ou pour ne pas déranger, même les plus proches, qui ont sûrement eux-aussi leur lot de tourments et de sentiments à gérer et affronter. Ou pas.

 

Et moi dans tout ça ? L’expressive. La sensible. Celle qui vous parle aujourd’hui et qui semble vous faire la leçon car elle n’a pas de problème à exprimer et à affronter ses sentiments.

Et pourtant… Il y cette boule au ventre que j’ai constamment depuis presque 6 mois, qui remonte parfois dans le cœur, ce petit cœur qui devient lourd à son tour.

Certes, c’est arrivé à un point où je ne peux pas nier l’existence de ces sentiments, de cette colère, de ce sentiment d’extrême injustice, de cette tristesse, de cette sensation d’impuissance et puis aussi (surtout) de ce sentiment de culpabilité. Cette culpabilité englobe tout et va même jusqu’à me faire me sentir coupable de ne pas être forte, de ressentir tous ces sentiments qui, dans l’inconscient collectif, sont la plupart du temps qualifiés de « faibles ». Coupable de ne pas profiter de la vie alors que j’ai tant de preuves qu’elle est pourtant si courte. Mais coupable aussi de vouloir profiter de la vie alors que d’autres n’en ont pas/plus la possibilité et auraient besoin que je sois là pour eux le plus possible. Coupable de ne pas être « là », même quand je suis là.

Inextricable paradoxe ? Quoiqu’il en soit, je n’ai pour l’instant eu nulle autre réaction que celle de les fuir. De sécher mes larmes plus rapidement que je ne le devrais et d’accrocher de nouveau un sourire sur mon visage. Parce que c’est ce qu’on attend de moi (du moins, c’est ce que je pense). Parce que c’est tellement plus simple, surtout (à court terme, en tout cas).

Je vais bien, ne vous en faites pas. Mais je rêve de ce jour où nous accepterons tous que cette palette de sentiments, négatifs ou positifs, fait partie de la nature humaine. Et qu’il serait donc naturel de les affronter, de les assumer et, lorsqu’on en ressent le besoin, de les exprimer, de montrer notre vulnérabilité, sans honte ou appréhension de la réaction des autres.

Je vous rassure, il y a peu de chance que cela finisse en gigantesque « bureau des pleurs » mais je reste persuadée des bienfaits que cela pourrait engendrer : ne vous êtes-vous pas déjà sentis soudainement plus proche d’une personne après avoir partagé un moment de grande tristesse ou d’immense joie ?

Et ce n’est qu’un simple aperçu de ce cela pourrait provoquer… Quand j’imagine ce phénomène, je me dis que le monde a tout à gagner à s’ouvrir et se laisser aller.

De mon côté, je suis consciente que je vais devoir les affronter, tous ces « affreux » sentiments. Pas à pas et avant qu’il ne soit trop tard, que je ne le regrette ou que mon corps ne me rappelle à l’ordre.

Je ne vais pas mal tout le temps, je ne vais pas bien tout le temps. Je suis les deux à la fois et je suis même tout ce qu’il y a entre les deux. Nous le sommes tous. J’espère que ce texte résonnera dans le cœur de mes pairs sensibles, hypersensibles et de tous les autres.

3 commentaires sur “Je vais bien, ne t’en fais pas. Manifeste pour la vulnérabilité.

  1. On parlait exactement de ça avec un de mes amis hier soir… j’essayais de lui montrer le fil sur lequel je tâche de marcher en équilibre, où je vis les émotions, réputées positives ou négatives, qui font de moi un être VIVANT… sans toutefois me définir par elles, acceptant qu’elles s’effacent, fassent de la place à d’autres… c’est ce travail d’équilibriste Qui rend la vie si passionnante !

      1. J’étais Très émue en te lisant… en ce moment les connexions sont très fortes, directes, alors venant de toi je n’en suis pas surprise 😉
        Je t’embrasse fort ! Ne doute jamais d’avancer sur le bon chemin 🙂

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