Ecotrail de Paris 80km – Version 2019

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C’est l’histoire de deux grands fous qui enchainent les défis. Mais cette fois-ci, on joue presque à domicile avec le fameux Ecotrail de Paris, dans sa version la plus longue : 80km et 1 500m de dénivelé positif.

Voici plus de 2 mois que nous avons repris notre entraînement spécifique. De mon côté, je n’ai plus mes 1h30 de vélo au quotidien mais je teste un entraînement avec d’autres sports complémentaires, principalement à base de natation, de yoga et de PPG (Préparation Physique Générale).

Petite mise en jambes avec un entrainement sur le parcours des 30km de l’Ecotrail

L’entraînement en course à pied, en plein hiver, ne fut pas des plus simples, entre la pluie, le froid, le vent, etc. Mais on a tenu bon et respecté à la lettre le plan d’entraînement qu’on s’était fixé, principalement à base de fractionnés et fartlek la semaine et sorties longues le week-end (donc rien de révolutionnaire).

Préparation du sac et des affaires :
la pression monte !

Vendredi 15 mars 2019.

C’est le fameux jour du retrait des dossards. Nous nous y rendons en début d’après-midi après que je sois allée crapahuter au Salon « Vivre autrement », ce qui n’est pas forcément des plus intelligents la veille d’une si grosse course… Mais passons.

Samedi 16 mars 2019.

11h. Nous arrivons assez tôt sur le lieu de départ (qui a lieu à 12h15), et avons le temps, tranquillement, de faire les derniers ajustements, pauses techniques et dépôt de sacs à la consigne.

J’aperçois alors un coureur avec un t-shirt « Km for Change », que je ne connais pas. Petite émotion car cela n’arrive pas si souvent ! Nous allons ensuite à sa rencontre une fois dans le sas de départ : il s’agit de Fabrice, un bénévole de l’association des Dunes d’Espoir, une des associations soutenues l’année dernière.

Le temps d’attente passe finalement vite et le départ se fait en toute sérénité (et sans trop de bousculades malgré un nombre assez impressionnant de coureurs). On se fait d’abord beaucoup doubler car nous étions placés plutôt devant (mais bon, on finira, comme d’habitude, à doubler ceux partis trop vite). L’envie pressante que j’avais juste avant de partir et que j’attribuais au stress persiste et il me faut faire un premier arrêt au bout de 5km… dans une forêt encore sans feuilles… Mais on repart plus légers, héhé !

Arrivés au 10km. On sait que ça bouchonne à chaque fois (on a vu de nombreuses vidéos en amont de la course 😉 ) lors du passage d’un pont. Et on n’y a pas coupé ! Sauf pour quelques-uns qui essaient de « gruger » et … ben vous me connaissez, j’ai pas pu m’empêcher de l’ouvrir, héhé. Une fois montés sur le pont, c’est assez impressionnant car le pont bouge fortement sous nos pieds ! On est ravis d’en sortir…

Pour le moment, c’est plat et on court sans cesse sans pour autant se griller car on sait qu’il reste des kilomètres ! On applique toujours la même tactique : visualiser à chaque fois le prochain ravitaillement. Et le premier se situe au km 22. J’ai retenu qu’on s’était fixé d’y arriver au bout de 2h30 de course… et c’est exactement ce qu’on fait !

Comme convenu ensemble avant de partir, on ne tarde pas aux ravitos, on fait rapidement le nécessaire tout en ne le négligeant pas car le prochain ravitaillement est dans 25 kilomètres et ce n’est qu’un point d’eau.

Après ce premier ravito, les choses sérieuses commencent : jusqu’ici, c’était plutôt plat mais c’est maintenant que le dénivelé pointe le bout de son nez ! Bon. Ça reste raisonnable par rapport à ce qu’on a pu connaitre dans les différentes montagnes que nous avons parcourues, je vous rappelle qu’on est en Île-de-France !

Mais finalement, cela nous permet de faire quelques petites « pauses » dans la course et de marcher un peu. Malgré tout, je sens un premier petit coup de mou devant tous les kilomètres qu’il nous reste à parcourir malgré la fatigue qui commence déjà à s’installer. Cela ne dure pas trop longtemps : dès le 40ème kilomètre franchi, le moral revient aussitôt : on a « déjà » fait la moitié !

Encore 7 kilomètres avant d’atteindre le prochain ravito. En attendant, on reconnait des paysages et chemins de la marche de la Lune (dont les magnifiques étangs de Buc), que nous avions fait en avril dernier en préparation de l’Ultra Marin.

Jolie vue depuis le ravitaillement du 47ème km à Meudon

Nous ne tardons pas aussi à reconnaitre le parcours des 45km de l’Ecotrail que nous avions emprunté l’année dernière pour cette même préparation.

Question paysage sympathique, le ravitaillement du 47ème kilomètre n’est pas en reste puisqu’il se situait au Château Saint Philippe à Meudon. Il domine toute la vallée et tout Paris. C’est d’ailleurs la première fois que nous apercevons notre objectif : la magnifique Tour Eiffel. On reste un peu plus longtemps sur ce ravitaillement, pour donner quelques nouvelles mais surtout pour changer de chaussettes. Changement de tactique par rapport à l’Ultramarin où j’avais beaucoup (et c’est un euphémisme !) souffert de mes pieds. Et surtout correction d’une erreur majeure : quand il y a changement de chaussettes ou pieds mouillés, il y a obligatoirement application de crème Nok, histoire d’éviter au maximum les ampoules. Et, « spoiler alert« , ça a fonctionné ! Je sors aussi d’ores et déjà ma lampe frontale et enfile ma veste car la nuit commence à tomber (il est 18h30), ce qui rend la vue depuis ce ravito encore plus belle pendant cette « golden hour ».

47ème kilomètre : toujours le sourire

Nous enchainons ensuite sur une petite côte dès la sortie du ravitaillement, histoire de se remettre tout de suite en jambes et une descente puis de nouveau une montée vers… le magnifique observatoire de Meudon, où nous admirons de nouveau la vue sur le bassin parisien au soleil couchant.

Un petit aller-retour dans le parc public de l’Observatoire, où Philippe et moi avions planifié un entrainement en janvier dans l’idée de suivre le parcours des 30 kilomètres de l’Ecotrail, sans avoir capté que celui-ci commençait par une portion dans le domaine privé de l’Observatoire, spécialement ouvert pour l’occasion (ce qui nous avait d’ailleurs valu de nous perdre dès les premiers kilomètres de notre entrainement…). Le lieu est absolument magnifique, ce qui aide à nous maintenir le moral, à l’approche des 50km. L’allure est toujours bonne et nous continuons à courir pratiquement tout le temps, même à allure modérée.

Un petit aperçu de l’évolution de notre classement

Cela ne nous empêche pas de doubler beaucoup de monde et nous ferons d’ailleurs une beau « négative split » en terme de classement : entre le 23km et l’arrivée, nous doublerons plus de 500 personnes ! C’est toujours rassurant car cela nous prouve que nous gérons toujours aussi bien le départ (il faut bien reconnaitre notre force parce qu’on connait plutôt bien nos nombreux points faibles 🙂 ).

On allume nos lampes frontales car la nuit commence définitivement à s’installer mais ce n’est pas grave car nous sommes de plus en plus dans notre bulle et ne profitons de toute façon plus du paysage.  Après un léger petit coup de mou sûrement du à cette tombée de la nuit, nous arrivons rapidement au ravitaillement de Chaville, situé au 56ème kilomètre. Une bonne soupe chaude nous y attend ainsi que du fromage (pas une super idée « digestivement » parlant mais bon pour le moral).

Intérieurement, nous savons déjà que nous avons pas mal d’avance sur le temps que nous nous étions fixés mais nous n’en parlons pas : d’expérience, on sait que tout peut encore arriver. On repart dans la nuit et avec pour objectif le prochain ravitaillement, au 69e kilomètre, au Domaine National de Saint-Cloud, où il ne nous restera alors que du plat !

Nous concédons quelques petites portions à marcher sur du plat, histoire de nous économiser un peu. Mais finalement, la tentation d’avancer et de courir un maximum pour conforter cette avance, me donne un mental d’acier !

En plus, nous connaissons désormais assez bien le parcours, pour l’avoir déjà fait plusieurs fois en entrainement. Et je dois dire que c’est un gros point positif pour le mental ! Nous arrivons donc à Marnes-la-Coquette et savons désormais que le Domaine de Saint Cloud, puis Paris, sont tous proches. Deux coureurs nous indiquent la maison de Johnny Halliday, fleurie, que nous avions ratée lors de nos deux premiers passages. Il paraît que la maison des Le Pen est aussi à Marnes-la-Coquette mais là, bizarrement, pas de fleurs pour nous en indiquer l’existence. 🙂

Nous sympathisons avec deux coureurs car nous n’arrêtons pas de nous doubler successivement les uns les autres depuis quelques kilomètres. Le 65eme kilomètre marque l’entrée dans le Domaine de Saint Cloud avec elle un gros boost moral : on sait ce qui nous reste jusqu’au prochain ravitaillement, c’est-à-dire majoritairement de la descente sur des terrains tout à fait praticables et une dernière montée, un peu redoutée mais avec au bout le dernier ravitaillement.

Dernier ravitaillement et la Tour Eiffel n’a pas bougé : elle nous attend !

Nous y arrivons avec un moral d’acier et n’y tardons pas trop malgré, une nouvelle fois, une vue magnifique, sur notre objectif. On redescend (non sans avoir oublié de redémarré ma montre, arrêtée par habitude au ravitaillement… ce qui donnera plus de 500m de différence !) directement vers la sortie du Domaine de Saint Cloud et le retour à la civilisation pour une ligne pratiquement droite jusqu’à la Tour Eiffel.

Je sais que ce n’est pas ma portion préférée parce qu’assez monotone, bitumeuse (et donc douloureuse pour les pieds) mais ce n’est absolument pas le moment de lâcher. On alterne course et marche pour avancer le plus possible et restons ainsi dans un peloton constitué des mêmes coureurs qui semblent d’avoir la même tactique que nous.

Après avoir longé de belles péniches et habitations puis traversé le parc de l’Ile Saint Germain, nous rejoignons les quais de la Seine avec la Dame de fer en vue. Plus que 3/4 km !

Nous remontons ensuite pour passer ensuite sur l’île aux Cygnes, située au milieu de la Seine et dominée par la Statue de la Liberté en version miniature et remontons ensuite à Bir Hakeim avec la Tour Eiffel devant nous, à 500m.

L’émotion est désormais palpable : même si j’ai déjà fait plus dur en terme de kilométrage, de dénivelé, de mental, etc. toutes les courses de cette envergure procurent toujours la même émotion… surtout avec un final pareil !

On y est : plus que 330 marches !

Nous remontons à Trocadéro et contournons la Tour Eiffel avec un sympathique public pour nous accueillir !

Passage des portiques de sécurité, arrêt du chrono en bas de la Tour Eiffel (mais je n’avais même pas capté !) et montée des 330 marches qui nous séparent du 1er étage et de la ligne d’arrivée. Je ne retiens plus mes larmes et savoure l’instant !

Encore une arrivée après une épopée, après être allée puiser dans mon mental et avoir eu la preuve que mon corps peut m’emmener loin, nous franchissons la ligne après 11h15 d’effort.

On récupère le t-shirt de finisher et la médaille en bois, quelques photos, un peu de bière et c’est déjà reparti… en ascenseur cette fois ! Direction le stade Emile Antoine juste à côté pour récupérer nos consignes dans les camions et prendre un bon repas. Même s’il est minuit et que je rêve de mon lit, je le déguste finalement avec délice. On discute et on débriefe un peu avec d’autres coureurs mais on ne tarde pas trop.

Au final, une organisation au top du top avec un parcours très sympathique et une ambiance plutôt bonne malgré pas mal de bousculades et des queues de poisson pratiquement tout au long de la course… l’apanage de l’arrivée des coureurs de route sur trail ? Ou simplement histoire de nous rappeler qu’on reste à Paris malgré tout 🙂

Relive ‘Course à pied le midi’